Le fichier des wallets de plus de 5 000 € finira par fuiter

Un amendement propose de déclarer tout wallet en self-custody dès 5 000 €, sans cession ni plus-value. Décryptage d’un texte qui transforme la transparence fiscale en risque physique.

Même sans cession. Même sans plus-value. Simplement pour le fait de « posséder ».

Une mesure fiscale taxe quelque chose. Celle-ci ne taxe rien : elle recense, et c’est cette intrusion dans la vie privée qui nous inquiète.

1. C’est fiscalement inutile et inégalitaire

En France, on taxe la revente, pas la détention. Si vous ne vendez pas, l’État n’a aucune raison de savoir ce que vous possédez.

Jusqu’à preuve du contraire, personne ne vous demande de lister vos montres de collection, vos bijoux ou vos pièces d’or conservés chez vous. Cela ne concerne que la crypto.

C’est de la surveillance patrimoniale pure.

2. C’est un danger physique imminent

C’est le point qui nous alarme le plus, car cette surveillance a un prix : la sécurité des citoyens.

Créer un fichier centralisé recensant votre nom, votre adresse et la valeur exacte de votre patrimoine crypto est une aberration sécuritaire.

Dans un contexte où les home-jackings et les agressions ciblent déjà les détenteurs de crypto, ce fichier deviendra la base de prospection parfaite pour les criminels le jour où il fuitera.

Et ce risque n’a rien d’hypothétique :

  • Mai 2025 : mise en vente sur le dark web d’une base fiscale contenant les données personnelles de deux millions de Français.
  • Juillet 2025 : une salariée de l’administration fiscale écrouée pour avoir revendu ce type d’informations à des criminels.

La transparence ne doit pas se payer au prix de la sécurité des citoyens

Savoir qu’une personne détient des sommes importantes chez elle, c’est lui placer une cible dans le dos. Au nom d’une transparence absolue dont l’efficacité fiscale est proche de zéro.

Accepteriez-vous que la liste exhaustive des objets de valeur présents chez vous se retrouve dans un fichier qui a déjà prouvé sa vulnérabilité ?